Une journée de mobilisation est appelée le 12 mai par l’ensemble des syndicats étudiants et universitaires, pour s’opposer aux nouvelles attaques du gouvernement contre les étudiants étrangers et le financement des universités.
Dans un entretien au Parisien le 20 avril dernier, le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste a annoncé vouloir faire en sorte que la majorité des étudiants extracommunautaires (c’est-à-dire originaires de pays non-membres de l’UE) s’acquittent de droits d’inscription annuels fixés en licence à 2895 € contre 178 € aujourd'hui, et en master à 3941 € contre 254 €. Après la suppression des APL pour les étudiants extracommunautaires non boursiers dans le budget 2026, il s’agit d’une nouvelle manœuvre pour faire les poches aux étudiants étrangers. Cela n’empêche pas le gouvernement de prétendre vouloir les attirer en France, avec son soi-disant plan « Choose France For Higher Education »...
Cette attaque s’inscrit dans la continuité de l’offensive austéritaire que subissent les universités. Alors que la quasi-totalité des universités présentent des budgets déficitaires – du fait des coupes franches qu’ils subissent depuis des années – et que l’Etat leur doit 500 millions d’euros, un nouvel « effort » de 400 millions d’euros a de nouveau été demandé par Lecornu en 2026. Ces coupes budgétaires ont un impact direct sur les conditions de travail et les effectifs des salariés des universités, mais aussi sur le logement et la restauration des étudiants. Ce ne sont donc pas seulement les conditions d’enseignement qui sont impactées (nombre d’étudiants par classe, administration, etc.) mais aussi les conditions de vie des étudiants. Nombre d’entre eux sont déjà contraints de sauter des repas et d’occuper des logements insalubres, tout en jonglant continuellement entre des petits boulots et leurs études.
Les attaques contre les étudiants étrangers et l’austérité imposée aux universités sont une des façons dont la classe dirigeante entend faire peser le poids de la crise du capitalisme sur la classe ouvrière et la jeunesse. Et pendant ce temps, l’Etat continue d’arroser les patrons d’argent public et investit des fortunes dans l’armement. En juillet dernier, une commission du Sénat estimait que les aides publiques aux entreprises se montaient chaque année à 211 milliards d’euros. Cette année, le budget du ministère des armées a encore augmenté, pour atteindre 57 milliards d’euros, le double de ce qu’il était en 2017 !
Le mouvement ouvrier et la jeunesse doivent s’opposer de toutes leurs forces à cette nouvelle attaque. Seule une mobilisation d’ampleur des étudiants et des salariés de l’enseignement supérieur, en lien avec les travailleurs de tous les secteurs attaqués par l’austérité et la crise, peut faire reculer le gouvernement !

