Je travaille comme agente de laboratoire contractuelle dans un lycée, où je prépare les travaux pratiques des cours de sciences. Mon quotidien est fait d’exploitation, de mépris, et reflète un service public laissé à l’abandon, particulièrement dans les établissements des quartiers populaires comme celui dans lequel je travaille.

Aucune reconnaissance

Mon poste exige les compétences attendues d’un concours : autonomie immédiate, maîtrise technique, préparation et sécurisation des travaux pratiques, gestion du matériel. Pourtant, ce poste est aujourd’hui ouvert uniquement à des non-titulaires, sans formation réelle, sans reconnaissance statutaire et sans les droits associés à un tel niveau d’exigence. On nous demande d’avoir les capacités du concours, sans en avoir ni le statut, ni la rémunération ni la sécurité.

Je travaille 43 heures concentrées sur quatre jours, pour une rémunération basée sur 35 heures au SMIC, alors même que le poste requiert un niveau bac +2. Cette organisation entraîne un épuisement physique réel, mais celui-ci est nié par un discours culpabilisant que l’on entend souvent : « De toute manière, vous avez plus de congés que d’autres travailleurs. » Les vacances scolaires servent ainsi de justification implicite à la surcharge de travail et à la faiblesse des salaires, comme si elles pouvaient compenser la fatigue, la pression permanente et la dévalorisation du métier.

Inégalités

Dans le lycée de quartier populaire où je travaille, le manque de moyens est permanent. À cause de ce manque de moyens, les projets sont abandonnés faute de matériel. De fait, pour nos élèves, les chances de réussite dans le supérieur sont mécaniquement moindres.

Les inégalités entre établissements sont flagrantes. Pendant que certains lycées de centre-ville – même s’ils se font rares – disposent d’imprimantes 3D, renouvellent régulièrement leurs équipements et se présentent comme des établissements « innovants », dans le nôtre, nous peinons à avoir assez de matériel pour une seule classe. Une partie de l’équipement a plus de vingt ans. Nous venons à peine de passer sous Windows 10, comme si le temps s’était figé dans ce lycée. Ce retard technique conditionne directement ce que l’on peut faire en classe et entraîne, de facto, un retard dans l’apprentissage des élèves.

Disparition annoncée du métier

À cette réalité matérielle s’ajoute une pression morale constante. Nos dirigeants répètent que « c’est comme ça partout », qu’« il faut faire avec » et évoquent la disparition annoncée de notre métier comme une fatalité. Cette disparition est déjà effective au collège, où les agentes et agents de laboratoire n’existent plus. La préparation des travaux pratiques y est désormais renvoyée aux professeurs, à qui l’on accorde une heure de décharge de cours pour assumer ce travail.

Cette heure est présentée comme suffisante. Elle est en réalité insultante : elle signifie que tout le travail d’une agente de laboratoire – préparation du matériel, gestion des stocks, sécurité, anticipation, adaptation permanente – équivaut à une seule heure hebdomadaire. Cette fiction administrative nie la réalité du travail et prépare sa disparition complète.

La suppression de mon métier ne constitue pas seulement une attaque contre les personnels : c’est une atteinte directe à la qualité de l’enseignement. Sans agentes et agents de laboratoire, les travaux pratiques deviennent une variable d’ajustement, réduits ou supprimés faute de temps et de moyens. Les élèves sont alors cantonnés à une approche essentiellement théorique des sciences. Or, les travaux pratiques sont essentiels : ils permettent de manipuler, d’expérimenter, de comprendre concrètement et de se projeter dans des études supérieures.

Ce que révèle mon quotidien d’agente de laboratoire, c’est l’impact concret des politiques d’austérité menées par le gouvernement. Les coupes budgétaires récentes dans l’Éducation nationale se traduisent par des postes supprimés, des métiers menacés, des élèves privés de conditions d’apprentissage dignes. Défendre nos conditions de travail, c’est défendre le droit de tous les élèves à une éducation publique de qualité. 

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