Après la chute de l’URSS et du Bloc de l’Est, au début des années 1990, les Etats-Unis étaient la seule superpuissance mondiale. Leur arrogance était sans limites. En réaction, des intellectuels « de gauche » souhaitaient non le renversement du capitalisme, mais l’avènement d’un monde « multipolaire » dans lequel – pensaient-ils – l’agressivité de l’impérialisme américain serait neutralisée par d’autres grandes puissances.

Aujourd’hui, l’impérialisme américain est confronté à la rivalité du géant chinois et, dans une moindre mesure, de la Russie. Le monde est donc plus « multipolaire » que dans les années 90. Cela marque-t-il un progrès pour les peuples opprimés ? Non. L’agressivité de l’impérialisme américain – qui reste la force la plus réactionnaire au monde – n’a pas diminué d’un iota.

L’Iran sous les bombes

Pendant des mois, Donald Trump a menacé l’Iran d’un déluge de fer et de feu. Le 28 février, l’intervention américaine et israélienne a commencé. Malgré leurs réserves hypocrites sur les « méthodes » employées, les
impérialistes européens la soutiennent. Début janvier, déjà, Macron écrivait à Trump que « nous pouvons faire de grandes choses en Iran » – à coups de bombes et de missiles.

Moins de 48 heures après le début des bombardements, les victimes civiles se comptent déjà par centaines.

Pour justifier cette nouvelle agression de l’Iran, les impérialistes avancent de nobles objectifs : ils veulent apporter la paix, la démocratie et la prospérité au peuple iranien. Mais c’est aussi ce que diverses coalitions impérialistes avaient promis d’apporter en Afghanistan, en Irak, en Libye et en Syrie. Résultat : les peuples de ces pays ont été plongés dans la barbarie.

L’hypocrisie des impérialistes est d’autant plus écœurante qu’ils ont soumis l’Iran à un blocus et de sévères sanctions économiques. C’est le peuple iranien, et non le régime des mollahs, qui en a payé le prix fort. Beaucoup d’Iraniens détestent le régime dictatorial et corrompu de Téhéran, mais ils détestent plus encore l’impérialisme occidental.

C’est au peuple iranien lui-même de se libérer de son joug. L’intervention impérialiste en cours ne peut qu’alourdir ses chaînes, aggraver ses souffrances et plonger l’ensemble du Moyen-Orient dans un chaos sanglant. Le mouvement ouvrier international doit s’opposer catégoriquement aux « grandes choses » que Trump et Netanyahou – avec le soutien de Macron – infligent à l’Iran.

Pas touche à Cuba !

A plus de 10 000 kilomètres de Téhéran, un autre peuple fier et courageux – celui de Cuba – subit une monstrueuse agression de l’impérialisme américain. L’administration de Donald Trump a interdit toute livraison de pétrole à Cuba, qui subit déjà un embargo depuis 1962.

Les gouvernements du Venezuela et du Mexique se sont soumis aux diktats de Washington : ces deux pays ne livrent plus une goutte de pétrole à Cuba. Sur l’île, les restrictions et les pénuries s’aggravent de jour en jour. L’objectif des Etats-Unis est d’infliger au peuple cubain des souffrances telles qu’il se soulèvera contre son gouvernement et ouvrira la voie à un régime pro-américain. A défaut, Trump tentera d’imposer au régime cubain un « accord » de type semi-colonial (comme au Venezuela), qui donnera aux Etats-Unis le contrôle de la vie économique et politique de l’île.

Cuba n’est pas une puissance militaire susceptible de contrarier les intérêts américains. Personne de sensé ne peut croire que ce petit pays représente une « menace contre la sécurité des Etats-Unis », comme l’affirme Trump. C’est un mensonge absurde, ridicule, mais que les impérialistes européens se gardent bien de dénoncer. Au contraire : ils approuvent l’agression de Cuba.

Ce qui réunit tous les impérialistes contre Cuba, c’est la révolution qui a éliminé le capitalisme, sur cette île, il y a 66 ans. Malgré son isolement et l’embargo américain, la révolution cubaine a démontré qu’une économie nationalisée et planifiée permettait d’élever considérablement le niveau de vie des masses, notamment en matière d’éducation et de santé. Par exemple, l’espérance de vie moyenne des Cubains est de 78 ans. Elle est de 73 ans en République dominicaine et de 64 à Haïti, non loin de Cuba.

La révolution cubaine a allumé une flamme dans le cœur de millions d’exploités et d’opprimés en Amérique latine – et bien au-delà. C’est cette flamme que Trump et tous les impérialistes veulent éteindre.

Le peuple cubain n’a pas d’autres amis, pas d’autres alliés que les pauvres et les travailleurs du monde entier. En France comme ailleurs, la gauche et le mouvement syndical doivent construire un vaste mouvement d’opposition à l’étranglement de la révolution cubaine !

Epstein et la lutte des classes

Ivre de son « succès » au Venezuela, Trump espère sans doute enchaîner les « victoires » fulgurantes en Iran et à Cuba. Il veut notamment faire oublier ses problèmes domestiques – dont les répercussions croissantes de l’affaire Epstein, à laquelle il est personnellement mêlé.

L’ampleur de ce scandale est inédite. L’élite bourgeoise des quatre coins du monde y est impliquée à divers titres : soit elle s’est directement livrée aux activités criminelles organisées par Jeffrey Epstein, soit elle a couvert ces crimes. L’opération de dissimulation se poursuit actuellement à une très grande échelle. Des millions de documents du « dossier Epstein » n’ont pas été publiés, et ceux qui l’ont été sont lourdement caviardés. D’éminentes personnalités sont protégées.

Les implications de cette affaire seront colossales. La classe dirigeante et ses institutions en sortiront encore plus discréditées, aux yeux des peuples, qu’elles ne le sont déjà. La criminelle décadence morale des puissants de ce monde jouera un rôle non négligeable dans l’intensification de la lutte des classes. C’est vrai aux Etats-Unis comme ailleurs – y compris en France, où Jeffrey Epstein possédait un grand appartement et fréquentait le « gratin » parisien. De nouvelles révélations semblent inévitables, tôt ou tard.

La campagne contre LFI

En attendant, la classe dirigeante française, ses politiciens et ses médias s’attellent à leur tâche la plus pressante : intensifier la campagne de mensonges et de calomnies visant la France insoumise (LFI) et Jean-Luc Mélenchon.

La mort d’un militant néofasciste à Lyon, le 14 février, a fait l’objet d’une instrumentalisation politique dépassant toutes les bornes connues à ce jour. Ce faisant, le gouvernement, la droite, l’extrême droite et tous les journalistes réactionnaires ont encouragé, de facto, de nouvelles agressions perpétrées par des bandes fascistes, ce qui n’a pas manqué de se produire.

La minute de silence pour Quentin Deranque, au Palais Bourbon, fut l’un des temps forts – si l’on peut dire – de cette offensive contre LFI et la « gauche radicale ». Etonnant spectacle que cet hommage des députés de la République à un militant passé par l’Action française, qui est à la fois monarchiste et antisémite !

La campagne orchestrée contre LFI est un sérieux avertissement à l’ensemble du mouvement ouvrier. Certes, la bourgeoisie n’a pas l’intention de céder le pouvoir aux groupuscules néofascistes ; mais elle s’en sert comme d’une force supplétive, annexe à l’appareil d’Etat, pour agresser et intimider les organisations de gauche, les étudiants mobilisés et les immigrés. La gauche et le mouvement syndical doivent beaucoup mieux organiser l’autodéfense de leurs réunions, de leurs manifestations, de leurs activités publiques et des minorités ciblées par ces groupes violents. Ce n’est pas – ce ne sera jamais – l’Etat bourgeois qui s’en chargera, car il est complice des organisations fascistes, lesquelles comptent des soutiens actifs dans la police.

Polarisation

L’offensive incessante contre LFI, à tout propos et sous n’importe quel prétexte, ne va pas cesser de sitôt. Elle va même s’intensifier au fur et à mesure qu’on approchera de l’échéance électorale d’avril 2027. La campagne électorale sera extrêmement polarisée, à l’image de la polarisation croissante dans la société elle-même, sur fond de crise et de régression sociale permanentes.

Ce que la bourgeoisie déteste chez Mélenchon, ce n’est pas d’abord sa personne ou son programme (dont, certes, elle ne pense que du mal) : ce sont surtout les couches sociales qui se tiennent derrière lui, le soutiennent et menacent de se mettre en mouvement, ce qui entrainerait d’autres couches de notre classe à une échelle massive.

Et en effet, à un certain stade, c’est inévitable. Dès lors, la tâche centrale du mouvement ouvrier – et d’abord de son avant-garde – consiste à préparer les armes théoriques, programmatiques et organisationnelles qui permettront aux travailleurs de prendre le pouvoir, d’exproprier la grande bourgeoisie et d’engager la transformation socialiste de la société. Il n’y aura pas d’autre moyen d’en finir avec tous les fléaux du capitalisme en crise.


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