Le 28 décembre dernier, l’Iran a été balayé par un mouvement de masse, qui a débuté dans le bazar de Téhéran après l’effondrement du rial (la monnaie iranienne) avant de s’étendre à plus d’une centaine de villes. Il a été particulièrement puissant dans les périphéries et les régions habitées par des minorités nationales.

La répression a été extrêmement violente. La censure et la coupure d’internet rendent difficile de la chiffrer avec précision, mais le régime lui-même parle de plus de 3000 morts. Cette véritable boucherie semble avoir réussi à faire refluer la mobilisation.

Crise économique et politique

L’année dernière, l’inflation a atteint 42 %. Le salaire moyen est d’environ 110 dollars par mois. Une étude a montré que chaque Iranien a perdu près de 90 % de son pouvoir d’achat en huit ans.

Les sanctions occidentales jouent ici un rôle central. Largement renforcées en 2012, ce sont les sanctions les plus lourdes de l’histoire contemporaine, à l’exception de celles ciblant la Russie. Elles ne touchent pas la classe dirigeante qui s’est enrichie comme jamais auparavant, mais ont étouffé l’économie iranienne et frappé de plein fouet la jeunesse, les paysans et les travailleurs. Sous couvert d’« instaurer la démocratie » et d’empêcher le régime iranien de se doter de l’arme nucléaire, c’est une attaque frontale contre l’Iran et son peuple.

L’Iran est également traversé par une crise de régime inédite. Dans les années 1980, la République islamique avait consolidé sa base dans une partie des masses en s’opposant aux Etats-Unis et aux puissances impérialistes dans la région. Aujourd’hui, cette légitimité s’est largement effondrée.

La guerre contre Israël en juin a mis à nu les faiblesses du régime : le chef du Corps des Gardiens de la révolution, plusieurs hauts responsables politiques et des scientifiques nucléaires ont été abattus, tandis que le président Massoud Pezechkian a subi une tentative d’assassinat ; les services israéliens ont aussi réussi à infiltrer profondément l’appareil de sécurité et la société iranienne, jusqu’à pouvoir créer des usines clandestines de drones à l’intérieur même de l’Iran.

Face à la crise, le régime s’est divisé entre une aile réformiste, incarné par le président, favorable à des concessions, et une aile conservatrice, incarnée par Khamenei, qui privilégie la répression. Cette division a ouvert la voie à la mobilisation des masses.

Récupération impérialiste

Les Occidentaux ont tenté de profiter de cette mobilisation. L’Iran est depuis longtemps une épine dans le pied de la domination occidentale au Moyen-Orient en même temps qu’un contrepoids majeur à l’influence d’Israël. Le pays s’est aussi rapproché de la Chine, principal concurrent des Etats-Unis. Tout ceci explique les attaques répétées de Trump, Netanyahou et de leurs alliés européens à son encontre.

Une partie de la diaspora iranienne et des médias occidentaux mettent en avant le fils du Shah, Reza Pahlavi, et vantent son soi-disant projet de « transition démocratique ». Du fait de la profondeur de la crise et de l’absence d’alternative, ce discours semble avoir – pour la première fois – réussi à séduire une petite minorité des manifestants en Iran.

Un élément est cependant révélateur : ni Donald Trump ni aucun autre chef d’Etat occidental n’a jamais présenté Pahlavi comme une alternative officielle. Il ne dispose en effet d’aucune base populaire réelle en Iran. Le régime tyrannique de son père a laissé un souvenir terrible dans le pays, notamment dans la classe ouvrière.

Ce souvenir explique d’ailleurs que la majorité de la classe ouvrière se soit tenue à l’écart du mouvement. Faute d’une autre alternative au régime, beaucoup craignaient que la chute de la République islamique ne débouche sur le retour des Pahlavi, grâce à l’appui américain.

La tâche centrale pour les éléments conscients de la jeunesse et du prolétariat iranien est de préparer la construction d’une telle alternative. Cela passe dès aujourd’hui par la mise sur pied d’un authentique parti révolutionnaire.

Quant à nous, communistes d’Occident, notre rôle est de dénoncer l’hypocrisie de notre propre classe dirigeante, qui prétend vouloir le bien des Iraniens, mais cherche uniquement à piller ses ressources, à accaparer ses marchés et à exploiter sa population. C’est aux travailleurs et à la jeunesse d’Iran – et à eux seuls – de renverser le régime réactionnaire de la République islamique !

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