Le 5 mars dernier, plus de 50 000 lycéens allemands se sont mis en grève dans plus de 140 villes, sous le mot d’ordre : « Les riches veulent la guerre, les jeunes veulent un avenir ! » Ils protestaient ainsi contre la hausse des budgets militaires et le rétablissement du service militaire projetés par le gouvernement de Friedrich Merz.

Conscription et réarmement

Le parlement allemand a voté 108 milliards d’euros de dépenses militaires pour 2026. C’est le quatrième plus important budget militaire de la planète et il prévoit d’encore les augmenter à l’avenir. En février, le chancelier Merz proclamait son objectif de faire de la Bundeswehr « l’armée conventionnelle la plus puissante d’Europe ».

En parallèle, le gouvernement a rétabli une forme « volontaire » de service militaire, qu’il projette d’étendre à toute la population dès 2027. Désormais, l’année de leurs 18 ans, tous les jeunes hommes recevront un questionnaire sur leur aptitude au combat et devront demander une autorisation à l’armée s’ils veulent séjourner à l’étranger plus de trois mois.

La campagne militariste de Merz est d’autant plus impopulaire qu’elle s’accompagne de coupes budgétaires dans l’éducation. Comme le soulignaient de jeunes manifestants auprès du Ostdeutsche Allgemeine Zeitung, « alors que nos écoles tombent en ruines et que nous manquons d’enseignants, [l’entreprise d’armement] Rheinmetall reçoit des milliards. […] Pour le prix d’un tank, on pourrait payer 100 professeurs pendant un an. »

Mais la bourgeoisie allemande a désespérément besoin de renforcer son appareil militaire, dans un contexte de montée des tensions inter-impérialistes et de désengagement des Etats-Unis en Europe. Comme nombre des autres classes dirigeantes d’Europe, elle agite la menace (imaginaire) d’une invasion russe de l’UE pour justifier les dépenses de réarmement et le retour de la conscription, qui lui serviront à défendre ses intérêts impérialistes en Europe de l’Est. Ce ne sont en effet pas leurs institutions « démocratiques » que les capitalistes allemands se préparent à défendre contre la concurrence croissante des impérialismes russe et chinois, mais leurs investissements et leurs marchés en Pologne, en Tchéquie, en Hongrie, en Slovaquie, ou en Serbie.

Mobilisation

Les manifestations du 5 mars montrent qu’il ne sera pas facile d’embrigader la jeunesse pour défendre les intérêts des impérialistes allemands. Après trois ans de stagnation économique, d’inflation et de hausse du chômage, et alors que la crise industrielle continue de détruire des emplois par dizaines de milliers, il devient chaque jour plus évident que le capitalisme n’a aucune perspective à offrir aux jeunes de la classe ouvrière. En poursuivant ses provocations militaristes, le gouvernement risque même d’accélérer leur radicalisation.

Une nouvelle journée d’action est prévue pour le 8 mai. Elle pourrait cristalliser la colère de vastes couches de lycéens et d’étudiants. Mais si la jeunesse veut faire plier le gouvernement et freiner l’offensive belliciste de la bourgeoisie, elle doit se lier avec la classe ouvrière. Du fait de leur rôle dans la production économique, les travailleurs peuvent, en faisant grève, paralyser toute la société ; ce sont donc les seuls à pouvoir contraindre la bourgeoisie à reculer. Plus de six millions de travailleurs allemands sont syndiqués. Plusieurs syndicats se sont exprimés publiquement contre la conscription. Eux aussi doivent mobiliser leurs forces pour faire échec au militarisme.

En dernière analyse, le militarisme est le produit de la lutte entre les puissances impérialistes rivales pour la défense des profits de leurs capitalistes respectifs. Le seul moyen de mettre fin aux guerres et de libérer la classe ouvrière du fardeau des dépenses militaires est de renverser le système capitaliste, et de le remplacer par une société socialiste.

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