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Écrit en 1920, au milieu de la guerre civile russe, La maladie infantile du communisme (le “gauchisme”) est un appel lancé par Lénine aux communistes du monde entier, pour qu’ils soutiennent, par leur prise de pouvoir, le jeune État soviétique issu de la révolution d’octobre.

Lénine n’est alors pas seulement un théoricien de génie, mais aussi un stratège chevronné qui a prouvé, par sa victoire, sa capacité à porter la classe ouvrière au pouvoir. Il est donc bien placé pour conseiller les militants du socialisme international.

Plongé dans une lutte à mort, dans une guerre civile barbare, contre les forces de la réaction, Lénine voit dans les principes entêtés et les tactiques rigides des prétendus communistes “de gauche” un péril grave pour la révolution. S’il défend la plus grande solidité théorique, il n’en appelle pas moins à la flexibilité dans les stratégies politiques. Seule une grande capacité d’adaptation peut permettre de faire face à la réalité brutale qu’il a dû affronter, aux côtés du peuple russe.

 

Chapitre 1 : Dans quel sens peut-on parler de la portée internationale de la Révolution russe ?

Dans ce premier chapitre, Lénine montre à quel point la révolution d’octobre 1917, qui a porté la classe ouvrière russe au pouvoir, peut influencer le prolétariat mondial.

Premier exemple historique d’un État ouvrier, la Russie soviétique montre en effet aux travailleurs le chemin de leur victoire, ainsi que l’importance des stratégiques bolcheviques pour y parvenir.

Lénine s’appuie sur une clairvoyante prédiction de l’historien marxiste allemand Karl Kautsky, qui déclarait en 1902 que la Russie devenait un centre majeur du marxisme international et “une source d'énergie révolutionnaire” et annonçait - alors même qu’il se renierait quinze ans plus tard en préférant l’attentisme menchevik à la révolution bolchevique - qu’une révolution russe montrerait le chemin aux progressistes d’Europe de l’Ouest.

C’est en fait principalement à Kautsky, à son hypocrisie et à ses contradictions, que s’attaque Lénine dans sa défense de la révolution d’octobre.

 

Chapitre 2 : Une des conditions essentielle du succès des bolcheviks

Le deuxième chapitre permet à l’auteur de démontrer la nécessité de l’organisation bolchevique et d’analyser la façon dont celle-ci s’est développée en Russie.

Il explique qu’une direction disciplinée et un socle théorique bolchevik sont nécessaires pour mener à bien la dictature du prolétariat. Sans cela, en un pareil contexte de “lutte à mort”, la révolution prolétarienne ne peut vaincre la réaction capitaliste.

 

Questions pour la discussion

Pourquoi la dictature du prolétariat est-elle nécessaire ?

Pourquoi une centralisation de type bolchevik est-elle nécessaire pour maintenir le prolétariat au pouvoir ?

Comment et pourquoi les bolcheviks ont-ils pu se développer en Russie ?

 

Chapitre 3 : Principales étapes de l'histoire du bolchevisme

Le troisième chapitre est un rapide récapitulatif des différentes étapes du développement politique de la Russie, qui ont mené à la révolution d’octobre 1917. Lénine démontre brièvement comment le contexte de ces événements a permis aux bolcheviks de mener le prolétariat au renversement du capitalisme.

 

Questions pour la discussion

Comment la tendance bolchevique s’est-elle développée en Russie ?

Quelle influence la révolution de 1905 et sa répression par le pouvoir tsariste ont-elles eu sur la conscience des masses et des partis révolutionnaires ?

Quelle influence la première guerre mondiale a-t-elle eu sur la conscience des masses et des partis révolutionnaires ?

Comment la révolution de février et les événements qui l’ont suivie ont-ils entraîné les bolcheviks sur le devant de la scène ?

 

Chapitre 4 : Dans la lutte contre quels ennemis au sein du mouvement ouvrier le bolchevisme s'est-il développé, fortifié, aguerri ?

Dans ce chapitre, après avoir établi la nécessité de la dictature du prolétariat, Lénine entame sa polémique contre les tendances variées du “communisme de gauche”, qu’il déclare incapables d’accéder au pouvoir.

Il démontre l’importance d’adopter des tactiques flexibles et de combiner des “formes de lutte légales ou non, parlementaires et extraparlementaires”, dénonçant le choix des anarchistes et des prétendus communistes de “gauche” de suivre aveuglément des principes abstraits, au mépris des conditions réelles et concrètes de la lutte des classes.

Il évoque ouvertement la nécessité d’opérer des ruptures et des expulsions dans les partis ouvriers : il s’agit de redéfinir la ligne théorique du parti et de maintenir celui-ci comme un outil efficace dans la lutte.

 

Questions pour la discussion

Pourquoi le boycott du parlement était-il une stratégie efficace en 1905, mais plus en 1908-1914 ?

Quelle est la position de Lénine vis à vis des “compromis” :

- au sujet du traité de Brest-Litovsk ?

- au sujet de l’approche générale que doit adopter la direction révolutionnaire ? (Cette question est évoquée de façon plus poussée dans le chapitre 8)

 

Chapitre 5 : Le communisme de « gauche » en Allemagne. Dirigeants, parti, classe, masse.

Lénine rejette les craintes des communistes allemands à propos de l’opposition entre “dictature du parti” et “dictature du prolétariat”. Il rappelle que la lutte politique ne peut et ne doit être que la généralisation de la lutte des classes toute entière, et que la formation de partis est l’expression de la nécessité historique. L’accent doit être mis sur la nature de classe du parti et sur la justesse de ses conceptions théoriques.

La dernière partie du chapitre montre l’ampleur des tâches auxquelles les révolutions sont confrontées. Face aux attaques des bourgeoisies nationale et étrangères, le pouvoir du parti est nécessaire pour maintenir le contrôle des travailleurs sur l’industrie et le gouvernement.

Lénine explique que la Russie révolutionnaire est encore dans une phase de transition entre le capitalisme et le stade inférieur du communisme (le socialisme). Le bourgeoisie et ses tendances n’y ont pas encore été dissoutes dans le mode de production et la culture du communisme.

 

Questions pour la discussion

Quelle était la position des communistes de “gauche” du parti communiste allemand vis à vis des syndicats et du parlement ?

Qu’est-ce que “l’aristocratie ouvrière” ?

Comment l’aristocratie ouvrière a-t-elle créé un “dissentiment entre les "chefs" et la "masse"” ?

Quel est le rôle du parti dans la transition du capitalisme vers le socialisme :

- de façon générale ?

- vis à vis des petits producteurs de marchandises ?

 

Chapitre 6 : Les révolutionnaires doivent-ils militer dans les syndicats réactionnaires ?

Lénine démontre que la longue lutte des travailleurs russes et leur implication directe dans la formation des organisations de masse les a instruits de la nécessité d’une direction forte, contrairement aux communistes de “gauche” allemands, paralysés par leurs “oppositions de principes”. Il s’attaque à leurs stratégies “ultra-gauchistes” qui isolent le parti des masses - avec des “mots d'ordre "de gauche" d'une puérile invention” - et à leur rejet des syndicats de masse.

 

Questions pour la discussion

Quelle doit être la relation entre le parti révolutionnaire et les syndicats ?

Les gauchistes allemands appellent à quitter les syndicats réactionnaires et à établir des syndicats communistes. Pourquoi Lénine s’oppose-t-il à cette approche ?

Pourquoi Lénine rejette-t-il la politique de ceux qui ne veulent organiser que les travailleurs acceptant de "reconnaître le système des Soviets et la dictature du prolétariat" ?

 

Chapitre 7 : Faut-il participer aux parlements bourgeois ?

Lénine répond encore une fois aux arguments des communistes allemands, puis à ceux des militants de la “gauche” néerlandaise, qui refusent de siéger dans les parlements bourgeois. Il observe que la plupart des positions “ultra-gauchistes” sont basées sur des assertions incorrectes, comme celle des communistes allemands qui déclarent que “les formes parlementaires de lutte ont, historiquement et politiquement, fait leur temps”. Lénine tord le cou à ces contre-vérités et explique pourquoi la participation aux parlements bourgeois peut être entièrement nécessaire, selon les circonstances.

Il remarque que le rejet aveugle du parlementarisme montre à quel point les communistes “de gauche” se sont montrés incapables d’apprendre de l’expérience de leurs camarades russes. Leur attitude révèle une profonde incompréhension des enjeux de la formation d’une internationale communiste.

 

Questions pour la discussion

Quelles sont les principales contradictions relevées par Lénine dans les objections “de gauche” à la participation parlementaire ?

Quel est le sens de la distinction opérée par Lénine entre “ce qui a fait son temps pour nous” et “ce qui a fait son temps pour les masses” ?

Comment la participation aux parlements bourgeois peut-elle faciliter leur dissolution ?

Pourquoi Lénine considère-t-il qu’il est plus difficile de rompre avec le parlementarisme en Europe de l’Ouest qu’en Russie ?

Pourquoi, dès lors, est-il d'autant plus essentiel que les communistes participent à la démocratie bourgeoise ?

 

Chapitre 8 : Jamais de compromis ?

Dans ce chapitre, Lénine appelle ses lecteurs à reconnaître à quel point la révolution prolétarienne est fragile face à la contre-révolution capitaliste. Il montre qu’il est vital que la direction du prolétariat soit préparée à cibler les faiblesses de son ennemi de classe ; la bourgeoisie n’aura, pour sa part, aucun scrupule à détruire la classe révolutionnaire. Il tire de ce constat l’importance de faire des compromis au cas par cas, quand la lutte des classes y oblige les révolutionnaires.

“La théorie n’est pas un dogme, mais un guide pour l’action.”

Ainsi, en refusant toute coalition avec la gauche social-démocrate, les communistes allemands font une terrible erreur. En effet, ces “compromis” sont des étapes nécessaires pour gagner la confiance des masses prolétariennes et semi-prolétariennes, qui divergent dans leurs tendances politiques et dans leurs préjugés.

 

Questions pour la discussion

Quelle distinction Lénine fait-il entre les compromis imposés par des “condition objectives” et le pur opportunisme ?

Pourquoi le prolétariat est-il plus faible que la bourgeoisie, même une fois au pouvoir ?

Pourquoi Lénine déclare-t-il que sa position concernant le traité de Versailles dépend “des succès du mouvement soviétique en Allemagne” ?

 

Chapitre 9 : Le "communisme de gauche" en Angleterre

Lénine analyse un article de Sylvia Pankhurst, militante de la fédération socialiste des travailleurs britanniques. Pankhurst et son parti refusent toute affiliation au parti travailliste et s’opposent à toute participation parlementaire, afin de “conserver pure sa doctrine et immaculée son indépendance vis-à-vis du réformisme”, de ”marcher en tête, sans s'arrêter et sans dévier de sa route, d'aller tout droit vers la révolution communiste”, plutôt que d’admettre que le parti travailliste bénéficie du soutien d’une vaste majorité des travailleurs et d’en tirer les conséquences politiques adéquates.

Louant son esprit révolutionnaire, Lénine défend cependant une position tactique totalement opposée à celle de Pankhurst. Il affirme que, tant que les dirigeants réformistes travaillistes bénéficient du soutien des masses, les communistes doivent travailler au sein du parti, afin d’élever le niveau de conscience des travailleurs. Ceux-ci doivent en effet faire l’expérience directe de la faillite du réformisme pour pouvoir s’en détacher.

De plus, ajoute-t-il, une alliance des communistes avec les autres partis ouvriers (et notamment les travaillistes) permettrait de renverser les libéraux et les conservateurs. Ainsi les communistes éviteraient non seulement de passer pour des sectaires, mais pourraient même être à l’avant-garde d’un front unique de la classe ouvrière contre les partis de la bourgeoisie. Ces conditions seraient un formidable accélérateur de la conscience de classe du prolétariat.

On peut tirer des leçons similaires de la situation politique contemporaine (2018) au Royaume-Uni, où des organisations comme le Socialist Party et le Socialist Workers’ Party commettent les mêmes erreurs que leurs prédécesseurs historiques. Alors que le parti travailliste s’affirme comme une opposition puissante et populaire (bien que réformiste) au gouvernement conservateur et subit de virulentes attaques de la part de la droite, les partis prétendument “de gauche” affirment avec fermeté leur indépendance et attaquent même frontalement les travaillistes.

 

Questions pour la discussion

Quel est, selon Lénine, le principal obstacle à la formation d’un parti communiste en Grande-Bretagne ?

Quel est le principal point de désaccord entre Lénine et Pankhurst ?

Lénine cite le dirigeant libéral britannique Lloyd George, qui dit, au sujet du Royaume-Uni, qu’il est “plus facile de l'ébranler que n'importe quel autre pays au monde”. Que signifie cette citation ?

Quelle approche Lénine propose-t-il aux communistes britanniques en leur conseillant de former une coalition/un bloc avec les travaillistes ?

Quel serait le rôle historique des communistes s’ils choisissaient de former un bloc avec les dirigeants du parti travailliste, Henderson et Snowden ?

 

Chapitre 10 : Quelques conclusions

Questions pour la discussion

Quels sont, selon Lénine, les deux premières tâches historiques de l’avant-garde du prolétariat ?

Quelles sont les trois principales caractéristiques d’une situation “mûre” pour la révolution ?

Que recommande Lénine quant à l’usage de différentes formes de lutte ?

Que dit-il de l’usage de formes de lutte illégales ?

Quels ont été les effets de la révolution russe sur la bourgeoisie mondiale ?

 

Annexe

Cette annexe à la polémique est au moins aussi importante que les conclusions du chapitre précédents. Lénine y prête une attention particulière aux leçons majeures des luttes sociales en Allemagne et en Italie, et délivre le meilleur résumé de son travail et de l’importance de son combat contre le doctrinarisme “gauchiste”.