Michelin, Auchan, Casino, Novasco : la liste des plans sociaux ne cesse de s’allonger depuis 2025. Ces derniers mois, les annonces de suppressions de postes se sont poursuivies : 2400 à Capgemini, 1800 à la Société Générale… Dans le groupe électroménager Seb, 500 emplois sont menacés.

Entre septembre 2023 et décembre 2025, plus de 483 plans sociaux ont été recensés dans toute la France. Le nombre de défaillances a également connu une forte augmentation : près de 70 000 entreprises sont entrées en procédure de sauvegarde, de redressement ou de liquidation judiciaire.

Si les licenciements touchent tous les secteurs, y compris les services, c’est dans l’industrie que les dégâts sont les plus importants : 75 % des plans concernent des sites de production.

Sans surprise, l’Insee signale que le taux de chômage est au plus haut depuis 2021 : 7,9 % de la population active (officiellement), soit 2,5 millions de personnes (sans compter tous les temps partiels subis). Les jeunes, comme toujours, sont particulièrement frappés : 16 % des 15-29 ans sont à la recherche d’un emploi.

En 2025, seuls 25 000 emplois nets ont été créés, contre 181 000 en 2024. Les perspectives économiques – marquées par l’instabilité mondiale, le retour de l’inflation et la quasi-stagnation du PIB – risquent de freiner encore davantage les recrutements. L’Insee anticipe déjà que le chômage dépassera les 8 % au cours de l’année 2026.

Contre-réformes

Depuis le choc pétrolier et la récession de 1973, l’économie française n’a jamais connu de situation de plein emploi. Cette crise a marqué le début d’un long déclin industriel, et le chômage a explosé entre 1975 et 1985 : le nombre de demandeurs d’emploi est passé de 800 000 à 2,3 millions. Le taux de chômage s’est ensuite maintenu à un niveau élevé, oscillant entre 7 % et 12 %, selon la conjoncture économique.

Face au chômage de masse, ces dernières décennies, la classe dirigeante a imposé une série d’attaques contre les droits des salariés et des chômeurs, comme en témoignent les politiques menées sous François Hollande et Emmanuel Macron.

La loi Travail de 2016 et les ordonnances Macron de 2017 ont facilité les licenciements économiques. Elles ont également miné les salaires et les conditions de travail. Les accords d’entreprise priment désormais sur le Code du travail pour réduire les salaires et allonger le temps de travail. Ces contre-réformes ont aussi favorisé le développement des contrats précaires. Aujourd’hui, les entreprises concluent 6 à 7 fois plus de contrats courts (CDD, intérim, etc.) que de contrats à durée indéterminée (CDI).

Dans le même temps, la bourgeoisie a attaqué les droits à l’assurance chômage. En 2019, les conditions d’accès ont été durcies : il faut désormais avoir travaillé six mois sur les deux dernières années pour être indemnisé. La loi « marché du travail » de 2022 a introduit des sanctions pour les demandeurs d’emploi refusant un CDI. Elle a aussi instauré une modulation des allocations pouvant réduire leur montant jusqu’à 25 % en période de baisse du chômage. Enfin, en février dernier, la durée maximale d’indemnisation, après une rupture conventionnelle, a été réduite de 18 à 15 mois pour les moins de 55 ans.

Ces contre-réformes ont largement contribué à sous-estimer le nombre réel de chômeurs. En restreignant les conditions d’indemnisation et d’inscription à l’assurance chômage, une partie des personnes privées d’emploi est exclue des statistiques officielles.

Aux capitalistes de payer leur crise !

Contrairement à ce qu’affirment les politiciens bourgeois, toutes ces contre-réformes ne visent pas à « revenir au plein emploi » ; elles visent à accroître les profits et à couper drastiquement dans les dépenses publiques.

Les capitalistes ne cherchent pas à lutter contre le chômage. Ce phénomène est inhérent à leur système, en particulier lorsqu’il s’enfonce dans une crise profonde, comme aujourd’hui.

Pour lutter contre ce fléau, le mouvement ouvrier doit unir les travailleurs et les chômeurs par de puissants liens de solidarité – et un programme offensif. Il faut lutter pour le partage du travail disponible, sans pertes de salaire, en réduisant le temps de travail de tous. Il faut aussi lutter pour la mise en œuvre de grands travaux publics. La société a besoin d’écoles, d’hôpitaux, de transports publics, de logements : les chômeurs doivent être embauchés pour les construire et les administrer !

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