Cet article a été publié pour la première fois par nos camarades américains le 20 avril 2026. Depuis, un cessez-le-feu a été officiellement conclu entre le gouvernement libanais et Israël. L’armée israélienne continue néanmoins de bombarder quotidiennement le Liban et de raser les bâtiments des villages qu’elle occupe dans le sud du pays.


Le bombardement de Beyrouth par Israël le 8 avril a représenté « les dix minutes les plus meurtrières depuis des décennies », d’après le journal britannique The Guardian.

Le jour même où le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif annonçait un cessez-le-feu « sur tous les fronts », l’Etat d’Israël menait la pire tuerie de masse qu’ait connue le Liban depuis la guerre civile de 1975–1990.

Massacre

L’armée israélienne a assassiné plus de 300 personnes, et blessé au moins 1 165 autres, dans un bombardement aveugle de quartiers densément peuplés de la capitale libanaise. Le bilan ne fait que s'alourdir alors que les équipes médicales continuent à extraire des corps des décombres.

L’attaque a submergé le système de santé de la ville. Un médecin urgentiste a décrit l’afflux d’enfants mutilés et séparés de leurs parents dans un parking d'hôpital : « Le plus jeune avait 11 mois. J’ai dû l’opérer pour soulager la pression dans son crâne. »

Le régime sioniste, soutenu par l’impérialisme américain, prétend qu’il « visait le Hezbollah ». Une victime du bombardement réplique auprès du Guardian qu’« il n’y a pas de Hezbollah ici. Les Israéliens veulent juste bombarder des gens. Ça n'a rien à voir avec le Hezbollah. »

Comme à Gaza et en Iran, les bombardements israéliens ne visent pas des « cibles militaires ». Ils ont pour but de terroriser la population et de détruire les infrastructures qui lui assurent un minimum de vie civilisée.

Colonisation

Le bombardement de Beyrouth n’est que la dernière atrocité en date commise par l’Etat d’Israël. Après trois ans de génocide, plus de 75 000 morts et près de 200 000 blessés, Gaza est devenu un enfer sur terre, une prison de ruines pour plus de deux millions de personnes – tout ceci grâce aux bombes et à l’argent fourni par les Etats-Unis.

Le troisième jour de la guerre américano-israélienne contre l’Iran, Israël s’est lancé dans une invasion terrestre du Liban. Cette attaque a chassé de leurs foyers 1,2 millions de personnes, soit 20 % de la population libanaise. Pour les sionistes, cette guerre est une opportunité de coloniser le sud du Liban, un territoire qu’Israël a déjà occupé pendant 18 ans avant d’en être chassé par la résistance libanaise en 2000.

Le mois dernier, le ministre des Finances d’extrême droite Bezalel Smotrich a affirmé qu’Israël devait s’emparer du territoire libanais jusqu’au fleuve Litani. Le ministre de la Défense Israel Katz a exprimé le même point de vue.

Cela signifierait arracher 1 200 km², soit près de 10 % du territoire libanais. Partisan déclaré de l’établissement d’un « Grand Israël », Bezalel Smotritch appelle en substance à une nouvelle Nakba soutenue par les Etats-Unis, cette fois-ci dans le sud du Liban.

Certains sionistes s’efforcent d'être plus discrets. Dans un article du Washington Institute for Near East Policy, un think-tank pro-israélien, le général de réserve israélien Assaf Orion met en garde contre « la promotion du récit du “Grand Israël” » et suggère qu’il faudrait plutôt justifier cette colonisation par le « désarmement du Hezbollah » et « l'établissement d'une zone de sécurité autour d’Israël ».

Le « modèle de Gaza »

Orion expose ensuite la stratégie de l’état-major israélien pour le Liban. Elle est glaçante :

« L’établissement de cette zone de sécurité impliquera apparemment des destructions importantes dans les villages libanais les plus proches de la frontière, à l’exception des communautés chrétiennes (les villages druzes seront probablement épargnés eux aussi). L’armée israélienne a souligné que ces villages ne seraient pas totalement détruits, uniquement les infrastructures terroristes qui y seraient découvertes. Le but étant d'empêcher qu’ils ne soient utilisés par le Hezbollah ou d’autres acteurs pour des attaques transfrontalières. Cependant, compte tenu de plusieurs déclarations israéliennes et du “modèle de Gaza” qui inspire cette opération au Liban, atteindre cet objectif supposera probablement d’appliquer une méthode de “terre brûlée” dans certaines zones ».

Le « modèle de Gaza », auquel le général Orion fait nonchalamment référence, correspond au bombardement aveugle et au génocide d’une population entière. Au cas où les choses ne seraient pas suffisamment claires, il précise : « Israël […] va raser massivement les bâtiments [dans le sud du Liban] pour empêcher le Hezbollah d’utiliser à nouveau les infrastructures frontalières à des fins terroristes. Cela implique aussi d’empêcher les habitants de revenir ou de reconstruire ces villages, au moins jusqu’à ce que des solutions alternatives soient trouvées avec le gouvernement libanais. »

L’armée israélienne a joué un rôle crucial en aidant les colons d’extrême droite dans les territoires palestiniens occupés par Israël et sur le plateau du Golan. Affirmer que les habitants ne pourront pas revenir dans leurs anciens villages « jusqu’à ce que des solutions alternatives soient trouvées » n’est qu’une couverture cynique dissimulant les préparatifs de l’expulsion de la population du sud du Liban par le mouvement génocidaire des colons.

Les Etats-Unis et leur régime fantoche en Israël sont les plus grands terroristes du Moyen-Orient. Leurs crimes de guerre sont innombrables et leurs intentions sont génocidaires. Une défaite écrasante de ces forces réactionnaires représenterait une victoire pour les travailleurs du monde entier !

C’est pourquoi les communistes se tiennent pleinement aux côtés des peuples libanais, palestiniens, iraniens, et de tout le Moyen-Orient, dans leur lutte contre l’impérialisme américain et israélien.

À bas l’impérialisme américain et israélien !

Les Etats-Unis hors du Moyen-Orient !

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