L’homophobie et la transphobie découlent des normes de genre de la famille patriarcale, qui impliquent la domination des hommes sur les femmes. Apparues il y a plusieurs milliers d’années avec les premières sociétés de classes, ces oppressions ont muté avec elles et servent encore aujourd’hui à la classe dirigeante pour justifier son ordre social et diviser les travailleurs.

Une oppression persistante

De même que les immigrés et les minorités religieuses, les LGBT sont désignés comme boucs émissaires par les démagogues bourgeois de toute la planète. Sur fond de crise du capitalisme et de crimes de l’impérialisme, la propagande homophobe et transphobe permet de détourner la colère des masses. On l’observe par exemple en Grande-Bretagne ces dernières années. Le gouvernement du Labour et le parti d’extrême-droite Reform y rivalisent d’attaques contre les femmes transgenres sur fond de crise politique et de coupes budgétaires.

Les préjugés LGBTphobes, intégrés à l’appareil idéologique de la classe dirigeante, infusent dans toutes les couches de la société. Leurs effets sont d’une grande violence. 75 pays condamnent encore l’homosexualité à des peines allant parfois jusqu’à la mort. Et même dans les Etats exempts de persécution légale, les agressions physiques restent monnaie courante (4900 cas recensés par la police française en 2025) et les discriminations persistent, du travail au marché du logement.

Quant aux mesures formelles d’égalité des droits conquises dans la lutte (ouverture du mariage, de l’adoption et de la PMA aux couples de même sexe, accès aux parcours de transition, politiques de lutte contre les discriminations), leur portée reste limitée par les conditions économiques des LGBT de la classe ouvrière. Les jeunes LGBT dépendant financièrement de familles homophobes ou transphobes doivent souvent cacher leur orientation sexuelle ou leur identité de genre. Et les parcours de transition, qui ne sont que partiellement remboursés par la Sécurité sociale, sont inaccessibles aux personnes transgenres les plus précaires.

Unité de classe

C’est pourquoi la lutte contre l’oppression des LGBT ne peut être efficace que comme une lutte de classe. Les politiciens bourgeois prétendument « progressistes » sont incapables d’éradiquer cette oppression, car elle est indissociable du système qu’ils défendent. En temps de crise, ils se retournent même contre les opprimés. Ainsi, Emmanuel Macron, qui promettait en 2017 de faciliter le changement de genre en mairie, qualifiait finalement cette proposition de « complètement ubuesque » lors de la campagne législative de 2024, dans l’espoir de gagner des voix sur sa droite.

La classe dirigeante a un intérêt objectif à perpétuer l’oppression des LGBT, dont elle ne défend les droits (en façade) que quand cela lui est utile. Elle menace constamment de revenir sur ce qu’elle a accordé par le passé, comme en témoignent les récents projets de loi LR et RN contre les mineurs trans.

A l’inverse, les travailleurs hétérosexuels et cisgenres ne tirent aucun « privilège » de l’oppression de leurs collègues LGBT. Cette oppression vise précisément à diviser la classe ouvrière et, ainsi, à l’affaiblir. Le patronat peut alors lui imposer de plus bas salaires tandis que le gouvernement distrait l’attention de ses contre-réformes en attisant la transphobie et l’homophobie.

La méthode la plus efficace pour arracher une véritable égalité des droits – accès libre et gratuit aux transitions de genre, PMA pour tous, arrêt des mutilations des enfants intersexes, etc. – et garantir les conquêtes menacées réside dans l’action de masse de la classe ouvrière, sur la base du mot d’ordre « une attaque contre un est une attaque contre tous ! » Pour garantir cette unité de classe – qui est notre seule force –, les organisations des travailleurs (et avant tout LFI et la CGT) doivent adopter un programme radical de lutte contre l’austérité et toutes les oppressions, et mobiliser leurs militants pour une lutte offensive en ce sens.

Communisme

En dernière analyse, il faudra que la classe ouvrière prenne le pouvoir et renverse la minorité de parasites qui dresse les travailleurs les uns contre les autres. Seul l’établissement d’une planification démocratique de l’économie permettra d’éliminer la base matérielle des inégalités de genre, via la socialisation des tâches domestiques et une baisse indéfinie du temps de travail.

Si on la pousse jusqu’à ses ultimes conclusions, la lutte pour éradiquer les LGBTphobies est une lutte pour le communisme. Tel est le programme que défend le PCR, qui interviendra sur les marches des fiertés à Toulouse, Caen, Nantes, Grenoble, Montpellier, Lyon et Paris en ce mois de juin. Retrouvez-y nos militants et rejoignez-nous !

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