Le contexte d'austérité budgétaire a des conséquences particulièrement importantes sur les élèves, les professeurs et le personnel d'établissement, qui se retrouvent sous pression, inquiets et dans une instabilité grandissante. Lucie, élève du lycée Diderot, dans les quartiers nord de Marseille, nous raconte : « Dans mon lycée, les enseignants cumulent les matières et ne savent même pas si leur poste sera reconduit l'année prochaine ».
La rentrée 2026 s'annonce difficile. Par exemple, dans le lycée de Lucie, le nombre de classes en spécialité d'arts appliqués va passer de trois à une seule. Conséquence : « une trentaine d'élèves de première en arts appliqués sont contraints de redoubler ou de changer de voie. Les élèves qui redoublent en terminale risquent de subir le même sort ». Les options littéraires sont aussi menacées, comme par exemple l’option « Langues, littératures et cultures étrangères » (LLCE).
Mobilisation et répression
Dès le 5 mars, les lycéens marseillais se sont mobilisés contre l'austérité et la dégradation de leurs conditions d'études. Le mouvement a commencé avec un premier blocus organisé au lycée Saint-Charles, puis s'est étendu à d'autres lycées de la ville.
Dès le premier acte du mouvement, la police a sévèrement réprimé les jeunes mobilisés. De nombreuses images de la journée ont circulé et ont illustré les provocations policières. Une vidéo montre clairement un policier se servant d'une poubelle pour balayer et propulser plusieurs mètres en arrière une jeune fille. Au lycée Thiers a eu lieu la première interpellation d'un élève, qui passera dix heures en garde à vue. C'est dans cette atmosphère que « des élèves de tout Marseille sont allés au rassemblement devant le commissariat pour réclamer la libération de notre camarade de classe », nous explique Lucie. Cinq autres élèves ont été placés en garde à vue de vingt-quatre heures pour avoir préparé le blocage du lycée Victor-Hugo.
https://www.youtube.com/shorts/Z9CEtzDJ_B0
A l’appel d’une Assemblée générale, une journée de grève et de manifestation a eu lieu le 17 mars, rassemblant plus de 2500 élèves et professeurs devant la Direction départementale de l’Éducation nationale (DSDEN). Le 19 mars, les blocus ont atteint leur pic : sept établissements ont été bloqués, dont des lycées des quartiers nord de Marseille et de Vitrolles. Au total, 13 établissements ont été bloqués au cours du mouvement. La mobilisation des lycéens a aussi encouragé les enseignants à se mettre en grève. Au lycée Saint-Charles, où de nombreuses heures de cours sont supprimées, la grève a été tout particulièrement suivie le 17 mars, avec 80 % des enseignants en grève.Ce mouvement nous montre la voie à suivre : seul un mouvement massif de la jeunesse et des travailleurs pourra faire barrage à l'austérité et à la répression !

