Après avoir enlevé le président du Venezuela et aggravé l’embargo contre Cuba, Donald Trump multiplie les menaces contre les dirigeants latino-américains pour les soumettre à sa domination. La presse libérale parle à ce sujet d’un « retour de l’impérialisme » en Amérique latine… comme s’il avait jamais cessé d’y sévir. En réalité, cela fait près de deux siècles que les Etats-Unis considèrent le continent comme leur « chasse gardée », qu’ils pillent et exploitent, et plus de cinq cents ans que les grandes puissances s’en disputent les richesses minières et agricoles.

Mais l’Amérique latine n’est pas qu’un terrain d’affrontement entre impérialistes. Depuis la conquête européenne, les masses paysannes et ouvrières du continent ont mené d’innombrables luttes pour l’indépendance, contre l’esclavage et pour le contrôle des ressources. Nous y consacrons le dixième numéro de notre revue théorique internationale Défense du marxisme, intitulé « Amérique latine, une révolution inachevée ».

Dans ce numéro, un long article de Jorge Martin revient sur la trajectoire de la Révolution vénézuélienne, des émeutes du Caracazo en 1989 à l’offensive américaine de janvier dernier. Il retrace la radicalisation conjointe des masses vénézuéliennes et du président Hugo Chavez, face aux assauts de l’impérialisme, tout en soulignant les limites du réformisme. C’est en effet parce que les dirigeants vénézuéliens ont refusé de rompre avec le capitalisme que la révolution a fini par refluer – et que les impérialistes ont pu reprendre le contrôle de la situation. L’article en tire toutes les leçons pour les luttes futures.

Des enseignements similaires ressortent des trois articles de Léon Trotsky sur l’Amérique latine que nous republions dans ce numéro. Rédigés dans les années 1930, sur fond de crise du capitalisme mondial, ces textes traitent des rapports entre lutte anti-impérialiste et lutte des classes sur le continent. Trotsky y souligne notamment le rôle de relais des Etats-Unis joué par les dictateurs brésilien et cubain Vargas et Batista, le caractère réactionnaire de la bourgeoisie nationale dans les pays dominés, et la nécessité d’une organisation indépendante du prolétariat.

Ces thèmes traversent également l’article de Carlos Marquez sur la Révolution mexicaine des années 1910-1920, qui aborde la période sous l’angle de sa production artistique. Il lie le parcours des peintres Rivera, Orozco et Siqueiros, représentants du mouvement muraliste, avec celui des masses mexicaines luttant pour la terre et la liberté. Il montre notamment l’impact de la Révolution russe de 1917 sur l’aile gauche du mouvement révolutionnaire mexicain – et sur les fresques de la période, qui représentaient Marx, Lénine, Trotsky et les luttes de la classe ouvrière.

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