Après deux semaines de mobilisation contre leur expulsion de la Bourse du travail, les syndicats de Villetaneuse (Seine-Saint-Denis) ont finalement arraché des négociations à la mairie, qui a reconnu le principe du maintien d’une Bourse du travail dans la ville. Mais aucun accord concret n’a encore été conclu.
Le 13 octobre, le maire « divers gauche », Dieunor Excellent, avait fait changer les serrures de la Bourse du travail avant l’expiration du délai fixé pour quitter les lieux. Le lendemain, des syndicalistes et leurs soutiens s’étaient rassemblés pour reprendre les locaux, mais des élus de la majorité municipale en avaient bloqué l’entrée.
Loin de renoncer, les syndicalistes (principalement de la CGT) et leurs soutiens se sont alors rassemblés chaque jour devant la Bourse du travail. Huit organisations syndicales départementales ont par la suite appelé à un rassemblement devant la mairie, le 28 octobre, auquel le PCR a participé.
Négociations en cours
La mobilisation a pesé : le maire a reçu une délégation intersyndicale le jour-même. A leur sortie, les représentants syndicaux ont expliqué que le maire envisageait de leur proposer d’autres locaux, à visiter par une délégation intersyndicale.
Si le maire reconnaît désormais (en paroles) le principe du maintien d’une Bourse du travail à Villetaneuse, à ce stade aucun local n’a encore été attribué et aucune date n’a été fixée pour une visite ou une relocalisation.
Les syndicats acceptent d’envisager un déménagement, mais exigent une véritable Bourse du travail permanente et indépendante de la mairie. Des prêts ponctuels de salles municipales – option évoquée par la municipalité, au départ – ne sauraient la remplacer.
Ces discussions suivent deux semaines de provocations du maire, notamment à l’encontre de Salim Hocini, secrétaire général de l’Union locale CGT de Villetaneuse-Pierrefitte et principal animateur de cette mobilisation. Le maire a notamment publié sur TikTok une vidéo tournée à l’intérieur de la Bourse du travail dans laquelle il se moque ouvertement du syndicaliste et se vante d’avoir « gagné ».
Le maire a d’ailleurs commencé les négociations du 28 octobre par de nouvelles attaques personnelles contre Salim Hocini. Il l’a ensuite écarté de la délégation syndicale chargée de poursuivre les discussions et de visiter les futurs locaux. Ce faisant, le maire s’arroge le droit de trier les représentants syndicaux, et évince précisément le principal organisateur de la lutte.
Des lieux indispensables pour organiser la lutte
La Bourse du travail permet aux salariés, syndiqués ou non, de bénéficier de permanences et de conseils juridiques, ce qui est particulièrement précieux pour les travailleurs d’entreprises sans présence syndicale. Les syndicats y ont notamment soutenu les salariés d’Onet, les travailleuses du nettoyage d’Agenor à l’université de Villetaneuse, ceux de Clinalliance à Pierrefitte et des travailleurs sans papiers.
Mais une Bourse du travail sert aussi à se réunir et à organiser la lutte. Celle de Villetaneuse avait, par exemple, contribué à préparer les mobilisations contre la réforme des retraites de 2023. Ce rôle est d’autant plus crucial dans le contexte actuel de mobilisation de la jeunesse et des travailleurs.
Pour le 5 novembre, la CGT appelle à organiser des AG partout afin de généraliser la grève, y compris les jours suivants. Comme le PCR l’a souligné dans sa prise de parole au rassemblement du 28 octobre : « Pour étendre la grève à un maximum d’entreprises et de secteurs, il faut que les travailleurs et la jeunesse puissent se réunir et coordonner leurs actions. Et pour cela, une Bourse du travail peut jouer un rôle crucial ! »
Défendre les Bourses du travail !
Cette attaque organisée par la mairie de Villetaneuse n’est pas un cas isolé. Au Blanc-Mesnil, à Aubervilliers, à Arles ou à Carcassonne, des municipalités de droite ou d’extrême droite s’en sont prises aux locaux syndicaux. Mais à Villetaneuse, c’est un maire se réclamant de la « gauche » qui mène cette politique… de droite – sous le prétexte fallacieux de fournir des locaux à la jeunesse.
Dans une période où la crise du capitalisme intensifie la lutte des classes, les attaques contre les Bourses du travail visent à affaiblir la capacité des travailleurs à s’organiser. La mobilisation a déjà obligé la mairie à négocier. Il faut désormais obtenir des garanties sur des locaux adaptés, permanents et indépendants.
Le PCR continuera de soutenir les syndicalistes de Villetaneuse tant qu’il le faudra !
