Keir Starmer a annoncé sa démission du poste de Premier ministre du Royaume-Uni, moins de deux ans après son entrée en fonction. Cette annonce fait suite à la victoire d’Andy Burnham, un de ses rivaux au sein du parti travailliste (le Labour), durant une élection législative partielle à Manchester. Burnham avait annoncé qu’en cas de victoire, il déclencherait une procédure de destitution de Starmer. Celui-ci a préféré prendre les devants et s’éviter une nouvelle humiliation.

Ce nouvel épisode n’est que le point final de la descente aux enfers de Starmer, qui a commencé dès son élection en juillet 2024. Après avoir été hissé au pouvoir sur une promesse de changement après une décennie d’austérité sous le règne du parti conservateur, le gouvernement travailliste a pourtant imposé à son tour une politique de coupes brutales, tout en multipliant les provocations racistes et xénophobes.

Starmer est devenu l’un des Premiers ministres les plus détestés de l’histoire du Royaume-Uni, avec plus de 64 % de désapprobation. Des appels à sa démission avaient déjà été lancés durant l’affaire Mandelson, du nom d’un politicien compromis dans le scandale Epstein que Starmer avait pourtant nommé ambassadeur aux Etats-Unis. En mai, les élections locales ont marqué une défaite catastrophique pour les travaillistes, tandis que le parti d’extrême droite Reform UK arrivait premier en nombre de sièges.

Le Messie des réformistes

La transition entre Starmer et Burnham devrait se faire sans heurt, tant ce dernier apparaît comme un sauveur aux yeux de nombreux réformistes. Les dirigeants des principaux syndicats espèrent que son élection marquera un tournant politique. Même le Morning Star, le journal du parti soi-disant « communiste » de Grande-Bretagne, a appelé les militants syndicaux à soutenir Burnham.

Ces illusions dans la possibilité que Burnham « régénère » le Labour se traduisent aussi par une forte pression en faveur du « vote utile ». Les Verts, qui se sont orientés vers la gauche depuis l’été dernier et l’élection à leur tête de Zack Polanski, ont ainsi accepté de ne pas mener de véritable campagne face à Burnham à Manchester. Cette pression va s’accentuer, alors que l’aile droite des Verts appelle ouvertement à une alliance électorale avec le Labour, pour enrayer la montée de Reform UK.

En réalité, si le « vote utile » a offert une victoire facile à Burnham, le nombre d’électeurs de Reform n’en a pas moins augmenté de près de 25 %, tandis qu’un deuxième parti d’extrême droite (Restore UK) faisait son apparition et raflait presque 7 % des voix. Cette stratégie du « vote utile » en faveur du « moindre mal » est une impasse qui ne peut que renforcer l’extrême droite, en liant tous les partis de gauche au Labour et aux politiques d’austérité que le futur gouvernement Burnham mettra en place.

Crise du capitalisme

La crise du capitalisme britannique, qui dure depuis plusieurs décennies, a en effet atteint un point tel qu’elle ne laisse en dernière analyse que deux alternatives : soit appliquer des politiques d’austérité brutales pour défendre les profits de la classe capitaliste et faire peser le poids de la crise sur les épaules des travailleurs et des opprimés ; soit rompre avec le capitalisme et ses règles pour défendre les conditions de vie de l’immense majorité de la population.

Il ne fait aucun doute que Burnham choisira la deuxième option. Le futur Premier ministre a été un serviteur fidèle de Tony Blair et de Gordon Brown lorsque ceux-ci orientaient le Labour toujours plus vers la droite. Il a soutenu les mesures racistes de Starmer et l’augmentation des budgets militaires, obtenue au prix de coupes drastiques dans les services sociaux. Burnham partage aussi l’orientation pro-impérialiste et pro-sioniste de Starmer. Il y a quelques semaines, il a même refusé de parler de « génocide » pour décrire la situation de Gaza.

Burnham poursuivant sur la voie tracée par Starmer, le Labour va continuer à se rapprocher de l’abîme. S’ils se lient à ce parti de plus en plus discrédité, les dirigeants réformistes des Verts risquent de partager son sort. Seule une politique révolutionnaire de rupture avec le capitalisme et l’austérité peut arracher la classe ouvrière britannique à la misère. C’est pour défendre cette politique que nos camarades britanniques construisent le Revolutionary Communist Party !

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