Vendredi 23 octobre, Kévin T. a commis un attentat raciste au cours d’un périple meurtrier en voiture entre Trappes et La Verrière (Yvelines). Armé d’un pistolet-mitrailleur, il a tiré au moins 128 fois sur des passants, en ciblant expressément des Noirs et des Arabes. Il a assassiné Pengo Bossio Wangi, 26 ans, et blessé sept personnes, dont une enfant de 11 ans, grièvement touchée par plusieurs balles.
Propagande raciste
Dès son interpellation, le terroriste a avoué aux enquêteurs avoir voulu tuer des « Noirs et des Arabes » pour « venger les commerçants du 17 octobre ». Un exemplaire du livre de Hitler, Mein Kampf, a été découvert à son domicile. Son entourage décrivait un homme biberonné aux chaînes d’information en continu.
Sur les plateaux de télévision, le déchaînement raciste qui a suivi la puissante mobilisation du 17 octobre reflète le rôle du racisme pour la bourgeoisie ; elle en a besoin pour maintenir sa domination. La classe dirigeante l’alimente pour diviser les travailleurs et détourner leur colère des véritables responsables de la crise, de la misère et de la régression sociale.
Quand la lutte des classes s’intensifie, la classe dirigeante redouble d’efforts pour semer la division dans les rangs des travailleurs. C’est dans ce but qu’à la suite du 17 octobre, toutes les chaînes d’information ont déversé nuit et jour des images de vitrines cassées en les accompagnant de propos racistes.
Sur LCI, Eric Zemmour a décrit les auteurs des « pillages » comme une « horde de barbares maghrébins et africains ». Sur CNews, Jordan Bardella expliquait que, pour lutter contre les « violences », il fallait « arrêter l’immigration ». Sur LCI, Bruno Pomart, ancien policier, qualifiait les manifestants de « révolutionnaires d’Allah ». Lors d’une conférence de presse, Bruno Retailleau décrivait le mouvement comme la « convergence entre l’extrême gauche et aussi des racailles, des délinquants, venant de banlieues ».
Les représentants de la bourgeoisie « libérale » hurlaient tout aussi fort que les réactionnaires les plus assumés. Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, affirmait sur BFMTV que « les premiers responsables, c’est la racaille qui est descendue dans la rue » et « les mouvements d’ultra-gauche ». Sur France 2, Gabriel Attal dénonçait un « problème civilisationnel ». Sur RTL, il appelait à faire des « exemples » : « Il faut que les Français et les jeunes voient que 48 h après […] vous avez des personnes que l’on va chercher chez elles. »
Les crimes racistes réguliers que connaît le pays sont une conséquence de la campagne raciste que mène la bourgeoisie depuis des décennies. Qu’ils soient commis par la police ou par des individus, les meurtres de Nahel Merzouk (2023), Djamel Benjaballah (2024), Aboubakar Cissé (2025), Hichem Miraoui (2025) ou El Hacen Diarra (2026) en sont quelques exemples parmi tant d’autres.
Depuis des années, Trappes est particulièrement instrumentalisée par la propagande raciste et islamophobe. En 2021, Jordan Bardella qualifiait cette ville de « république islamique en miniature ». Certains médias relaient que Kévin T. souffre de schizophrénie : que ce soit vrai ou non, cela ne change rien au fait qu’il a agi chauffé à blanc par toute cette propagande.
A bas le racisme, à bas le capitalisme !
Au Palais Bourbon, l’ensemble de l’hémicycle a observé une minute de silence en hommage à Pengo Bossio Wangi. Quelques minutes après, Sébastien Lecornu faisait un parallèle révoltant entre sa mort et celle de Quentin Deranque. Ce faisant, il mettait sur le même plan la mort d’un militant néonazi lors d’une rixe qu’il avait provoquée avec ses camarades, et l’assassinat raciste d’un homme noir, tué parce qu’il était noir. Les larmes de crocodile de tous les partis bourgeois – de l’extrême droite, de la droite et du « centre » – doivent être fermement dénoncées par les organisations du mouvement ouvrier.
Cet attentat a révolté des millions de personnes, qui comprennent clairement qu’il est une conséquence de la propagande raciste alimentée par la bourgeoisie et ses médias. Des rassemblements ont été organisés dans toute la France en hommage à Pengo Bossio Wangi, sous la bannière de la lutte contre le racisme.
Le mouvement ouvrier doit se saisir sérieusement de la lutte contre le racisme et l’islamophobie. Alors qu’un puissant mouvement social est en cours, la gauche et le mouvement syndical doivent unir tous les travailleurs, quelles que soient leur origine, leur religion ou leur nationalité, dans une lutte déterminée contre le gouvernement et le système capitaliste : un système qui a besoin du racisme pour prospérer. Pour en finir avec le racisme, il faut en finir avec le capitalisme.
