Le PCR est allé à la rencontre des élèves mobilisés du lycée Hélène Boucher, dans le 20e arrondissement de Paris, pour soutenir leur lutte et recueillir leurs revendications. Face à l’austérité et à la répression, la jeunesse montre la voie à suivre pour lutter contre le gouvernement des riches de Macron et de Lecornu.
Solidarité
« On fait ce blocage pour qu’ils comprennent que l’éducation publique veut des moyens. On veut de bonnes conditions, comme dans le privé », explique une lycéenne. « Tout le monde a vu les vidéos du lycée Paul Eluard dans le 93 et c’est vraiment choquant, ils travaillent dans des conditions déplorables ».
« C’est un ras-le-bol collectif », ajoute une autre élève, « Avant d’arriver à Hélène Boucher, j’étais dans un lycée du 93, où on n’avait pas d’infirmière et où les locaux étaient dégradés », explique-t-elle.
Une lycéenne venue soutenir le blocus souligne que « Macron a supprimé énormément de postes de professeurs. » En conséquence de cette politique et de celle de ces prédécesseurs, lors de cette rentrée, plus de la moitié des collèges et lycées commençaient l’année avec des professeurs manquants, selon une enquête du Snes-FSU. Cela n’a pas empêché Lecornu de prévoir la suppression de 1250 postes d’enseignants pour la rentrée 2027.
De nombreux étudiants ont aussi évoqué l’élitisme dans le système éducatif, qui creuse les inégalités, ainsi que le stress causé par la sélection sur Parcoursup. Sur cette plateforme, dont le seul objectif est de classer et d’exclure certains étudiants des études supérieures, 126 652 candidats s’étaient retrouvés sans affectation en juillet dernier.
La classe dirigeante fait semblant de ne pas comprendre les causes de la mobilisation. Le ministre de l’Economie Edouard Geffray va jusqu’à dire que le gouvernement « ne fait pas d’économies sur la jeunesse », en se vantant du fait que le budget de l’éducation nationale en 2027 augmentera de 1,2 milliard d’euros – c’est-à-dire de 1,8 %, bien en deçà de l’inflation ! Dans le même temps, le budget de la défense augmentera de 36 milliards d’euros.
Répression
Un des facteurs qui ont poussé les élèves d’Hélène Boucher à se mobiliser a été la répression brutale du mouvement lycéen par la police. « Quelqu’un qui perd des dents ou un œil, c’est à vie », commente une élève, « c’est juste inadmissible. »
« On a tendance à parler de "bavures", sauf que pour que ce soient des "bavures", il faudrait que ça ne soit pas permanent, et enfin, là, ce ne sont même pas des violences, ce sont des crimes », poursuit-elle.
Pour les lycéens, pouvoir bloquer est un droit démocratique, qui doit être défendu. « On n’a pas le droit de vote, on n’a pas le droit de grève, c’est notre seule manière de nous faire entendre », explique une lycéenne, qui accuse la proviseure du lycée voisin, Maurice Ravel, de « ficher tous les élèves qui organisent le blocus », d’avoir « menacé de les exclure, de détruire leur dossier Parcoursup, d’appeler leurs parents et de détruire leur futur ».
Étendre le mouvement
Pour les lycéens à qui nous avons parlé, il est clair que leur lutte ne peut être victorieuse qu’en se liant au mouvement ouvrier. « Je pense que c’est important que les lycées, les étudiants, même les travailleurs, qu’on soit tous solidaires, que les profs fassent grève (…) on sait que tous ensemble on est plus fort et que c’est comme ça que les choses vont bouger », explique une étudiante.
Rien n’est plus vrai. Comme nous l’avons déjà écrit, les organisations de masse du mouvement ouvrier comme la CGT ont un rôle décisif à jouer. Elles doivent préparer dès à présent un vaste mouvement de grève reconductible, en soutien aux lycéens et sur la base d’un programme offensif : la revalorisation des salaires, leur indexation sur l’inflation et un net renforcement des services publics.
Le gouvernement des riches ne mènera jamais les investissements requis. Sur fond de crise du capitalisme, pour protéger les profits de la bourgeoisie, il cherche par tous les moyens à faire payer les travailleurs et la jeunesse. Il faudra donc le renverser et le remplacer par un gouvernement des travailleurs. Seule l’expropriation des banques et des grandes entreprises, sous le contrôle démocratique de leurs salariés, permettra d’orienter l’économie vers les intérêts de tous – et non d’une poignée de grands patrons.
Comme l’exprimait une lycéenne du blocus d’Hélène Boucher : « En 1789, ils ont fait la Révolution et ça a changé, peut-être que notre mouvement pourra aussi changer les choses. »
