Geodis, entreprise française de transport et de logistique et filiale du groupe SNCF, emploie plus de 50 000 salariés dans plus de 160 pays. Sur le site de Gennevilliers, les travailleurs ont mené une grève de trois semaines entre février et mars 2025, qui s’est soldée par une victoire : une augmentation de 150 euros brut mensuels et des jours de congés payés supplémentaires.

Depuis fin décembre, les travailleurs ont choisi de maintenir le rapport de force à travers des débrayages réguliers et massifs – ils en ont mené sept à ce jour – réunissant à chaque fois près de 90 % de l’effectif, soit 145 salariés. Les travailleurs cessent le travail pendant plusieurs heures, se rassemblent en assemblée et discutent collectivement de la lutte et des revendications. Nous avons interviewé Hassen Lateif, délégué syndical CGT à Geodis Gennevilliers.

Comment cette nouvelle lutte a démarré ?

Chaque année, nous renégocions les Négociations Annuelles Obligatoires (NAO), et chaque année, nos demandes passent à la trappe. Normalement, trois réunions sont prévues avec les salariés pour ces négociations, mais cette fois, la direction a décidé unilatéralement de n’en faire que deux.

Le coût de la vie ne cesse d’augmenter avec l’inflation et la crise, et eux, ils nous proposent une augmentation de salaire… de 19 euros brut ! Pire, ils ont « oublié » de verser nos primes de fin d’année, que ce soit la prime de Noël ou la prime pour enfants malades. 

Bien sûr, nous avons refusé cette proposition de 19 euros. Si nous faisons des débrayages offensifs c’est pour mettre la pression : c’est le seul moyen qui fonctionne. Les conditions de travail se dégradent constamment, et on ne peut pas se laisser faire. 

Comment ont évolué les conditions de travail depuis la précédente grève ?

Après le mouvement de grève, les conditions de travail se sont détériorées : il y a un nouveau responsable des ressources humaines, et il nous traite comme des machines à obéir. Nous sommes surveillés sur tous nos faits et gestes : si on veut aller aux toilettes, il faut se justifier. Presque tous les matins, on nous convoque en réunion pour nous mettre la pression. Le climat est très tendu. Par exemple, quand nous avons dit qu’il était important qu’il y ait du savon dans les sanitaires du site – il n'y en jamais –  ils nous ont accusés… de voler le savon ! 

Les dirigeants de l'entreprise nous surveillent en permanence. Pour les débrayages, ils disent qu’on n’a pas le droit de parler, pour ne pas « perturber le travail des autres », et essaient ainsi d’empêcher nos réunions et nos rassemblements. Heureusement, ici, tout le monde débraye !

Pire encore : ils menacent nos postes. Au début du mouvement, fin décembre, deux salariés ont été mis à pied pendant trois jours simplement parce qu’ils distribuaient des tracts. Depuis la grève de 2025, 12 salariés ont été licenciés !

Et maintenant, ils annoncent vouloir faire travailler des sous-traitants d’une autre entreprise. Avec ça, ils cassent les embauches et les salaires, et font pression sur nous et les intérimaires. Si nous faisons grève, ils peuvent envoyer les sous-traitants à notre place, souvent dans des conditions plus difficiles que les nôtres. C’est pour lutter contre tout ça que nous luttons. Eux, les dirigeants, ne voient que l’argent !

Quelles sont vos perspectives pour la lutte ?

Déjà, elles sont bonnes. Et de toute façon, il n’y a que la lutte qui fonctionne. On l’a montré en 2025, et on va le remontrer aujourd’hui ! Nos actions ont même encouragé le site de Geodis à Bonneuil à faire pareil.

Ici, avec la CGT nous sommes majoritaires et tous les salariés suivent le mouvement. Tout le monde sait que si on ne lutte pas, on se fait marcher dessus. Et puis on est soutenus : des étudiants et des travailleurs d’autres entreprises passent pour nous apporter leur solidarité.

Déjà, nous avons réussi à suspendre les NAO et l’arrivée des sous-traitants en demandant une expertise pour vérifier les comptes et les dépenses de l’entreprise. Mais nous ne comptons pas nous arrêter là. Nous arrivons à mettre la pression : la direction a même essayé de faire croire aux clients que les retards de livraison étaient dus à la neige… alors qu’en réalité, c’est nous qui avions bloqué le site. Au final, nous allons montrer une chose : seuls les salariés peuvent gérer cette entreprise correctement, puisque c’est nous qui la faisons tourner ! 

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